UN AUTEUR PROVENÇAL


MARCEL PAGNOL (1895- 1974)

Membre de l'Académie française (1946). Originaire de Provence, Marcel Pagnol situe ses romans dans cette belle région du Sud de la France qu'il aime tant. Dans son roman autobiographiqueLe Château de ma mère, il raconte son enfance et relate (recounts) les belles vacances d'été passées en montagne avec sa famille.


Livre récemment paru.

PRÉPARATION À LA LECTURE

Le passage que vous allez lire est un extrait d'un roman autobiographique de Marcel Pagnol, intitulé Le Château de ma mère. Il s'agit d'un texte très poétique dans lequel Pagnol utilise la figure stylistique appelée "la personnification", c'est-à-dire qu'il attribue à une chose inanimée (un arbre, une plante...) ou à une chose abstraite (l'automne) la figure, les sentiments et le langage d'une personne. Par exemple: "...l'automne a sonné dans sa trompette d'or" (une saison ne peut pas, bien sûr, sonner dans une trompette mais cette personnification nous donne une image très poétique de ce que Pagnol ressent.)

A. TEXTE NON-ANNOTÉ

Lisez le texte une première fois en essayant de deviner, d'après le contexte, la signification des mots que vous ne connaissez pas.

Des oliveraies (olive groves) à l'avant-plan et le petit massif des Alpilles dans le fond .

LE CHÂTEAU DE MA MÈRE (extrait)

Souvenir d'enfance en Provence

        Dans les pays du centre et du nord de la France, dès les premiers jours de septembre, une petite brise un peu trop fraîche va soudain cueillir au passage une jolie feuille d'un jaune éclatant qui tourne et glisse et virevolte, aussi gracieuse qu'un oiseau... Elle précède de bien peu la démission de la forêt, qui devient rousse, puis maigre et noire, car toutes les feuilles se sont envolées à la suite des hirondelles, quand l'automne a sonné dans sa trompette d'or.
La cueillette de la lavande.
        Mais dans mon pays de Provence, la pinède et l'oliveraie ne jaunissent que pour mourir, et les premières pluies de septembre, qui lavent à neuf le vert des ramures, ressuscitent le mois d'avril. Sur les plateaux de la garrigue, le thym, le romarin, le cade et le kermès gardent leurs feuilles éternelles autour de l'aspic toujours bleu, et c'est en silence au fond des vallons, que l'automne furtif se glisse: il profite d'une pluie nocturne pour jaunir la petite vigne, ou quatre pêchers que l'on croit malades, et pour mieux cacher sa venue il fait rougir les naïves arbouses qui l'ont toujours pris pour le printemps.

        C'est ainsi que les jours des vacances toujours semblables à eux-mêmes, ne faisaient pas avancer le temps, et l'été déjà mort n'avait pas une ride.

Je regardai autour de moi, sans rien comprendre.

"Qui t'a dit que c'est l'automne?"

--Dans quatre jours c'est saint Michel, et les sayres vont arriver. Ce n'est pas encore le grand passage -- parce que, le grand passage, c'est la semaine prochaine, au mois d'octobre..."

Le dernier mot me serra le coeur. Octobre! LA RENTRÉE DES CLASSES!

Extrait de Le Château de ma mère par Marcel Pagnol

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