Il faut se méfier des Français en général, mais sur la route en particulier.
Pour un Anglais qui arrive en France, il est indispensable de savoir qu'il existe deux sortes de Français: les "à-pied" et les "en-voiture". Les à-pied détestent les en-voiture, et les en-voiture terrorisent les à-pied, les premiers passant instantanément dans le camp des seconds si on leur met un volant entre les mains...
Les Anglais conduisent plutôt mal, mais prudemment. Les Français conduisent plutôt bien, mais follement. La proportion des accidents est à peu près la même dans les deux pays. Mais je me sens plus tranquille avec des gens qui font mal des choses bien qu'avec ceux qui font bien de mauvaises choses.
Les Anglais (et les Américains) sont depuis longtemps convaincus que la voiture va moins vite que l'avion. Les Français (et la plupart des Latins) semblent encore vouloir prouver le contraire...
On pourrait croire que l'appétit de vitesse du Français est fonction de la puissance de sa voiture. Erreur. Plus la voiture est petite, plus l'homme veut aller vite. En ce royaume du paradoxe, les automobiles les moins dangereuses sont les plus puissantes, leurs conducteurs, blasés, étant les seuls qui se paient le luxe de rouler plutôt "en dedans de leurs possibilités" et d'aller plus vite que tout le monde sans pousser.
Quant aux Françaises, il faut leur rendre cette justice: elles conduisent plus lentement que les hommes. Un Anglais pourrait donc, en toute logique, se croire plus en sécurité avec elles. Nouvelle erreur. Dans un pays où tout le monde va vite, cette lenteur constitue le plus terrible des dangers. Si l'on y ajoute un certain "flou" dans l'allure, et ce charmant esprit d'indécision grâce auquel on peut déduire de l'allumage d'un clignotant gauche qu'une conductrice va tourner à droite (encore n'est-ce pas tout à fait sûr), on concevra que rien n'est plus risqué que d'être piloté par une femme.
Il existe cependant un super-danger dans ce pays, où, comme dans beaucoup d'autres, tant de femmes ne savent ni conduire, ni fumer: ce sont celles qui conduisent en fumant.
Le plus sûr, si par malheur ce souriant fléau vous menace sur la route, est de se faire arrêter à la ville la plus proche et de prendre le train.